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RSE : Le numérique pollue t’il ?

Récemment créé, le Cercle Normand du Global Compact France s’est donné comme objectif de se réunir régulièrement afin d’aborder un thème choisi et d’y partager les bonnes pratiques, déployant ainsi les missions mondiales puis nationales  de l’organisme créé par l’ONU en 2000.
Notre association y a adhéré avec beaucoup d’enthousiasme.
La première réunion de travail, le 25 octobre 2019, concernait les « Impacts sociaux et environnementaux du numérique »  et 31 personnes avaient fait le déplacement pour en débattre, accueillies dans les locaux de Legallais.

De quoi parle-t-on ?

Relais local officiel du Global Compact des Nations Unies, le Global Compact France rassemble  entreprises et organisations autour d'enjeux liés à la RSE et au développement durable.
Le Global Compact France offre à ses membres un cadre d'engagement volontaire construit sur la base de dix principes à respecter en matière de droits humains, de droit du travail, d’environnement et de lutte contre la corruption.
Il est également mandaté par l’ONU pour accompagner la mise en œuvre de l’Agenda 2030 et l’appropriation des Objectifs de Développement Durable
« Juillet 2020 fêtera les 20 ans de cet organisme mondial  et son assemblée générale en prendra un éclairage tout particulier » précise Florian Bunel  au nom de Global Compact France.


La pollution numérique, un fléau invisible ?

L'expression « pollution numérique » désigne les impacts environnementaux négatifs de ces technologies qui ressortent de leur bilan environnemental.
La consommation d'électricité non négligeable des systèmes, l'usage de matières premières et d'énergie grise pour la fabrication des appareils, leur transformation en déchets après leur remplacement sont  généralement  sous-évalués. En 2019, plus de 4 milliards de personnes utilisent 34 milliards d'équipements numériques.
Une réalité qui a un coût environnemental de plus en plus lourd : 1.400 millions de tonnes de gaz à effet de serre, 6.800 térawattheure d'énergie primaire, 7,8 millions de mètres cubes d'eau douce, …..
« Le secteur du numérique représente aujourd’hui environ 2% des émissions de gaz à effet de serre (GES) au niveau mondial »  précise Brigitte Delord (Legallais) dans son exposé introductif. 
« C’est à peu près l’équivalent des émissions du secteur de l’aviation civile ou des transports par camions ».
Un chiffre qui devrait doubler d’ici à 2020 si aucun changement n’a lieu.
Si internet était un pays, il serait le troisième consommateur mondial d’électricité, derrière la Chine et les États-Unis. Un constat surprenant, tant l’impact du numérique sur l’environnement est méconnu.

Les sources de la pollution numérique

Parmi les acteurs de cette pollution numérique, on retrouve :
  • Les data centers (20%) : Ces centres de stockage de données ne cessent d’accroître leur volume d’informations collectées (big data) et de ce fait leur consommation en énergie pour les stocker et les traiter augmente également.
Certaines entreprises mettent en place des solutions plus respectueuses de l’environnement en alimentant leurs data centers par des énergies renouvelables.   
  • Les fabricants de matériaux (50%) : Pour fabriquer un ordinateur, il faut compter 16 fois son poids en matériaux.  Et le ratio est parfois beaucoup plus important sur certains composants, ce qui entraîne une augmentation de l’épuisement des ressources, de la pollution de la terre, de l’air et des eaux. Une des solutions envisagées est d’augmenter la durée de vie des produits informatiques.  
  • Les logiciels (20%) : via la consommation nécessaire pour les faire fonctionner. La solution la plus pertinente est donc de réduire la consommation que nécessitent les logiciels et de penser à désinstaller tous les logiciels non utilisés. 

Pour une sobriété numérique

Différents organismes et institutions se sont penchés sur ce sujet. On citera à ce titre l’ADEME  qui a élaboré  une plaquette d’information sur la pollution numérique qui peut être utilisée dans les entreprises pour sensibiliser les collaborateurs, une priorité dans ce domaine.
Le  groupe de réflexion français « the shift Project » a produit un document « the lean ICT »
Un label « Numérique responsable »  a aussi été créé.

Pèle mêle, on a retenu dans les nombreux éco gestes « malins »proposés :
  •  Réduire la luminosité de l’écran
  •  Limiter l’utilisation des moteurs de recherche et  s’intéresser  aux navigateurs solidaires (ECOSIA, LILO, YOUCARE)
  •  Utiliser des polices moins consommatrices d’encre comme Ryman EC,
  •  Promouvoir les imprimantes collectives laser
  •  Utiliser la messagerie électronique  sans excès, privilégiant la messagerie instantanée
  •  Limiter le « streaming ».

Recyclage ou réutilisation ?

L’entreprise solidaire à but non lucratif, AFB est venu promouvoir la réutilisation des ordinateurs  avant  leur recyclage.
Implantée dans l’Europe, cette entreprise adaptée a retraité en 2018 plus de  360 000 équipements informatiques.
« Notre statut nous permet d’offrir à des personnes en situation de handicap des emplois pérennes et des formations qualifiantes » ajoute  Fabien Achard, directeur du site de Caen.
AFB tire sa force d’un processus  intégré très professionnel certifié par de nombreux éco-organismes.

Une réflexion collective

En fin de réunion, différents  ateliers avaient pour but de contribuer à la rédaction collective d’une charte du numérique responsable, occasion également de partager oralement les bonnes pratiques des entreprises présentes.

La prochaine réunion aura lieu  le 5 février 2020 dans les locaux  du  CREDIT AGRICOLE de Caen. Elle aura pour thème la Qualité de Vie au Travail.
20/11/2019
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